Syndrome du sauveur et relation toxique

Syndrome du sauveur et relation toxique
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Dans un couple, il est normal et souhaitable de se soutenir mutuellement. Dans les bons comme dans les mauvais moments, on offre notre aide à notre partenaire, simplement par amour, de manière désintéressée. Qu’il s’agisse de défis professionnels, de problèmes familiaux ou de questionnements personnels, on offre à notre moitié une épaule sur laquelle s’appuyer, une oreille à laquelle il puisse confier ses préoccupations. Aussi, dans une relation, chacun évolue et poursuit ses rêves, ses objectifs. On se soutient l’un l’autre dans notre développement personnel. On s’encourage, en se motive, en se conseille… on s’aide mutuellement à peser les différentes options. On célèbre ensemble nos succès.

Il y a cependant une différence profonde entre l’altruisme caractéristique d’une relation saine et porteuse, et le syndrome dit « du sauveur », caractéristique de relations toxiques.

Altruisme, ou syndrome du sauveur ?

Dotée d’empathie, une personne altruiste sait comprendre les émotions des autres et se mettre à leur place. Elle sait apporter son aide de manière juste, en visant toujours à respecter l’autonomie et la santé aussi bien mentale que physique de son partenaire. Et surtout, une personne altruiste se met aussi en retrait quand elle aide une personne. L’autre reste au centre des préoccupations et elle ne cherche pas à se mettre en avant en faisant valoir tout ce qu’elle fait pour lui.Une personne atteinte du syndrome du sauveur, à l’inverse, cherche à aider son partenaire par tous les moyens et à en retirer une reconnaissance sociale. Le syndrome du sauveur repose en effet sur un besoin maladif de reconnaissance, qui conduit à apporter une aide excessive aux autres, quitte à provoquer, consciemment ou inconsciemment, des situations où l’on pourra apporter son aide. Comme le décrit la psychanalyste Mary C. Lamia dans son livre The White Knight Syndrome (2009), le sauveur a pour « unique mission de sauver l’autre. Il se dévoue entièrement à pallier ses (supposées) défaillances ou à lui faire oublier sa tristesse, ses problèmes d’argent, de travail, de santé, etc. ».

Le choix d’un partenaire à sauver.

Pour cette raison, une personne atteinte du syndrome du sauveur cherche systématiquement des partenaires en difficulté, susceptibles d’avoir besoin de son aide. Maladie, licenciement… toute période de vulnérabilité offre au sauveur la perspective d’être indispensable pour quelqu’un. Et de manière consciente ou inconsciente, le sauveur prend soin de maintenir la relation dans un schéma sauveur / sauvé.L’altruiste cherche avant tout à aider son partenaire pour qu’il retrouve son autonomie et la santé. Mais une personne atteinte du syndrome du sauveur vit mal le fait que son partenaire retrouve son autonomie. Toute sortie du schéma sauveur / sauvé représente pour elle une remise en cause aussi bien personnelle que de la relation elle-même. Un « sauveur » sans personne à sauver se sent inutile, plus à sa place dans le couple. Cela peut alors le conduire à chercher à fragiliser à nouveau son partenaire. Remarques désobligeantes, discours centré sur les défaillances ou insuffisances supposées de l’autre, tout est bon pour redevenir son indispensable et admirable « sauveur ».

"En volant au secours de sa partenaire, le sauveur reprend le contrôle : sous-entendu, pour que la relation fonctionne, chacun doit rester à cette place !"

Une dépendance affective à double tranchant.

En amour, ce syndrome entraîne des relations toxiques, où le sauvé développe une dépendance affective excessive à l’égard du sauveur, et où ce sauveur finit par négliger ses propres besoin et par sacrifier son bien-être personnel.En effet, de son côté, en cherchant à sauver son partenaire, le sauveur prend sur lui une charge émotionnelle et une responsabilité qui peuvent devenir accablantes. Il risque de s’épuiser physiquement et émotionnellement en essayant de résoudre tous les problèmes de son partenaire.En se plaçant dans ce rôle, le sauveur sous-estime les capacités de résilience de son partenaire. Il nie la possibilité pour lui d’apprendre de ses erreurs et de développer une capacité à surmonter de manière autonome ses propres difficultés, et à prendre ses propres responsabilités. En entretenant ce schéma sauveur/sauvé dans son couple, le sauveur crée ainsi une dynamique déséquilibrée et toxique, où l’autre dépend excessivement de lui pour sa propre stabilité émotionnelle. Il prive son partenaire du sentiment de sa propre force, qu’il gagne en surmontant lui-même ses propres difficultés.‍

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